Comme nous l’avons vu dans les précédents articles de cette série, les 70′S afro-américaines sont traversées par l’Afrocentrisme. La tendance ” Roots “ fait, pour la première fois, son apparition dans un univers esthétique afro-américain dominé par les canons de beauté occidentaux.

Depuis les premiers accessoires inventés par C.J. Walker pour défriser le cheveu crépu, le cheveu lisse est la norme, voir le dogme. Symbole de modernité et d’élévation sociale à peu de frais, le pot de « relaxer » est alors l’opium du peuple, des hommes comme des femmes. Exploités, dominés et discriminés à cause de leur apparence, l’esthétique devient un enjeu crucial pour une population en marge de la société, le moteur ou le frein à l’intégration. L’Afrique est un monde inconnu et ” sauvage “, le souvenir d’une identité méprisée et honteuse, dont il faut effacer autant que possible toute trace sur soi.

Lorsqu’apparaissent les premières « african braids », l’Afro a déjà été brandit par les Black Panthers, faisant du cheveu crépu le symbole de la subversion par excellence. La tresse africaine, moins ” politisée “, est pourtant dans la même veine que la libération du cheveu crépu, celle d’une réflexion sur une esthétique « authentiquement noire ».

Son caractère élaboré et sophistiqué, sa créativité à travers une variété infinie de courbes et d’arabesques, séduit les femmes afro-américaines même les moins militantes. La tresse africaine, entre dans les mÅ“urs et survit à la vague Afro, déclinante au début des années 80. Elle est pratique et repose le cheveu, elle est parfaite pour le coiffage des enfants, elle donne lieu à des concours où coiffeuses et coiffeurs rivalisent d’imagination. Des “rastas” aux nattes collées, Elle séduit par sa technicité et sa référence à la culture africaine, beaucoup plus évidente et immédiate que la coupe Afro. Mais surtout, elle n’est pas incompatible avec le cheveu défrisé…

Dès lors, les femmes afro-américaines portent toutes à un moment où un autre de leur vie, des braids, par simple coquetterie ou par besoin de garder le ” contact ” avec l’héritage africain.

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Posted on 11-10-2008
REVIVAL BY Osléidis

Les seventies c’est l’âge d’or de l’Afrocentrisme, discours politique, philosophique, mais aussi esthétique. Les Afro-américains ont alors soif d’une africanité trop longtemps occultée. Pour la première fois depuis le rêve inachevé de Marcus Garvey, ils vont en Afrique, l’esprit en éveil. Intellectuels, militants, photographes et rédactrices de mode accompagnent Muhammed Ali et George Foreman pour leur « rumble in the jungle ». Ils touchent les matières, les étoffes, les perles, emportent dans leurs valises le Kenté, le Djembé, les statuettes africaines, les colliers Massaï, mais surtout des visions de sculptures capillaires, de tresses en arabesques, de cheveux coiffés au fil. De retour en terre américaine, ils explorent un nouvel esthétisme, ils se parent d’étoffes à motifs afrocentriques, couvrent leurs bras et leurs cous de cuivre, de bronze et de coquillages.

Telle l’actrice Novella Nelson, tout simplement majestueuse dans cette robe bustier en coton ultra-souple, avec sa traîne de princesse. Le cliché date de 1974. Son visage, noble et racé, est couronné de petites « antennes » (comme on dit au pays) réalisées au fil. Elle arbore un châle longissime porté de manière royale. L’assortiment et l’agencement des bijoux africains sont superbes : un bracelet lui ceint le bras alors que son collier lui tombe négligemment à la taille, féminisant un port et une posture quelque peu “virils”. Tout simplement majestueuse…

Précédents articles relatifs au Revival:

* Icônes : Seventies Sistaz - Jany Tomba

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Posted on 03-10-2008
AGENDA, REVIVAL BY Danily

Vous connaissez la célèbre chanson de Sam&Dave? Et bien ce soir vous aurez sûrement plaisir à vous déhancher dessus au Djoon Club qui consacre une soirée à cette musique légendaire qu’est la Soul. “Vivre dans le passé“, voilà une expression qui pour moi n’est pas péjorative. Comment peut-il en être autrement lorsque ce passé est rythmé par la voix unique de légendes telles que James Brown, Stevie Wonder, Aretha Franklin et j’en passe ! Oui chez Sofisticate on a ce que l’on appelle le 70’s blues, et je pari que nous ne sommes pas les seules.

La preuve avec cette soirée originale qui ne manquera pas je l’espère de faire des émules. Il suffit d’observer les corners des grands magasins pour se rendre compte que l’esprit Revival est partout ! Ce n’est pas Mlle Osléidis qui me contredira, avec la série qu’elle consacre aux Seventies Sistaz.Vous savez celles dont les photos se retrouvent aujourd’hui dans nos magazines ou sur les pochettes des compilations Soul, comme des reliques d’une époque où le style semblait inné. Aujourd’hui les magazines ont pris le relais et entendent nous dicter une mode parfois si éloignée de ce que nous sommes(tant dans les prix que dans les modèles) que l’on se demande si elle est destinée à être portée. La Fashion Week qui se tient depuis quelques jours à Paris ne dément pas ce constat et les mannequins noirs brillent par leur absence. Peu importe, les ressources ne manquent pas pour nous réinventer une mode qui nous est prorpre.Nous en reparlerons… mais pour l’heure je vous invite toutes et tous à aller vous ressourcer ce soir au Djoon, le temps d’une soirée So Sofisticate !

Djoon Club, 22 boulevard Vincent Auriol 75013 Paris.face au M° Quai de la gare/ Bibliothèque François Mitterand.23h à l’aube Paf : 5 euros.

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Posted on 25-09-2008
REVIVAL BY Osléidis

Cette gracieuse créature se nomme Jany Tomba. Elle est d’origine haïtienne et elle a posé pour le magazine Essence en 1970. Outre la délicatesse de son profil, révélé par le jeu d’ombres et de lumière de la photographie, ce qui attire immédiatement le regard, c’est son attaché de foulard, communément appelé le « Wrap ». La coiffe est en fait composée de plusieurs tissus de couleurs, entremêlés dans un dégradé de jaune-ocre, de rouge-orangé et de fuchsia. Le drapé est plat et recouvre toute la tête, traversant le front en croisé. Les pans des foulards ont été enroulés sur eux-mêmes, puis noués ensemble sur le côté, en spirale, créant comme une grosse fleur. Preuve que nous n’avons rien inventé, cet attaché de foulard existe aujourd’hui sous le nom de « Nubienne ».

Contrairement aux attachés de foulards en hauteur, qui donnent un côté très énergique et “royal”, les attachés de foulard plus plats comme la « Nubienne », donnent au visage plus de douceur et de rondeur. Ils sont également plus faciles et plus rapides à réaliser, mais peuvent aller du très simple, avec une étoffe unique, au plus élaboré, comme celui qu’arbore Jany Tomba. Seventies obligent, les couleurs sont chatoyantes et se fondent parfaitement avec les imprimés de ce magnifique châle en soie. Le modèle porte un tee-shirt orange, un pantalon noir à pattes d’éph et des sandales à talons compensés, à priori banals. Mais l’attaché de foulard, le châle et l’attitude, donnent à cette Seventies Sista un style intemporellement Sofisticate !

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