Comme nous l’avons vu dans les précédents articles de cette série, les 70′S afro-américaines sont traversées par l’Afrocentrisme. La tendance ” Roots “ fait, pour la première fois, son apparition dans un univers esthétique afro-américain dominé par les canons de beauté occidentaux.
Depuis les premiers accessoires inventés par C.J. Walker pour défriser le cheveu crépu, le cheveu lisse est la norme, voir le dogme. Symbole de modernité et d’élévation sociale à peu de frais, le pot de « relaxer » est alors l’opium du peuple, des hommes comme des femmes. Exploités, dominés et discriminés à cause de leur apparence, l’esthétique devient un enjeu crucial pour une population en marge de la société, le moteur ou le frein à l’intégration. L’Afrique est un monde inconnu et ” sauvage “, le souvenir d’une identité méprisée et honteuse, dont il faut effacer autant que possible toute trace sur soi.
Lorsqu’apparaissent les premières « african braids », l’Afro a déjà été brandit par les Black Panthers, faisant du cheveu crépu le symbole de la subversion par excellence. La tresse africaine, moins ” politisée “, est pourtant dans la même veine que la libération du cheveu crépu, celle d’une réflexion sur une esthétique « authentiquement noire ».
Son caractère élaboré et sophistiqué, sa créativité à travers une variété infinie de courbes et d’arabesques, séduit les femmes afro-américaines même les moins militantes. La tresse africaine, entre dans les mÅ“urs et survit à la vague Afro, déclinante au début des années 80. Elle est pratique et repose le cheveu, elle est parfaite pour le coiffage des enfants, elle donne lieu à des concours où coiffeuses et coiffeurs rivalisent d’imagination. Des “rastas” aux nattes collées, Elle séduit par sa technicité et sa référence à la culture africaine, beaucoup plus évidente et immédiate que la coupe Afro. Mais surtout, elle n’est pas incompatible avec le cheveu défrisé…
Dès lors, les femmes afro-américaines portent toutes à un moment où un autre de leur vie, des braids, par simple coquetterie ou par besoin de garder le ” contact ” avec l’héritage africain.
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